Bref retour à l’époque du téléscripteur

Je suis installé dans le RegioExpress Aarau–Brugg pour me rendre au travail. Alors que le train fait une halte en gare de Wildegg, je tape rapidement un message sur l’écran de mon smartphone. Un dernier clic, et mon message envoyé via «WhatsApp» apparaît déjà sur l’appareil de mon destinataire. En l’espace de cette milliseconde que dure la transmission, mon regard quitte l’écran de mon smartphone et, au travers de la vitre de la voiture, j’aperçois le bar du café de la gare actuelle et l’ancien bâtiment voyageurs de Wildegg. C’est exactement ici que se trouvait en 1992, alors que j’étais apprenti en première année pour la formation d’agent du mouvement ferroviaire, un téléscripteur.

Oui, un téléscripteur. Il s’agissat d’un appareil hybride situé entre la machine à écrire et le fax. Pour ce qui est de son aspect extérieur, son imposant boîtier en bois de la taille d’un bureau évoquait un piano antique. Outre un clavier, une perforeuse et un lecteur de bandes de papier constituaient les principales composantes de cet appareil. Il va de soi que les messages de l’exploitation auraient pu être transmis directement pendant la rédaction du texte, mais cela aurait inutilement bloqué la ligne et empêché la réception et l’envoi d’autres messages sur le téléscripteur émetteur ainsi que sur celui du destinataire. C’est la raison pour laquelle on reportait d’abord le message à transmettre sur une bande perforée d’une largeur d’environ deux centimètres, que l’on coupait pour l’introduire ensuite dans le lecteur de bande. Une fois la connexion établie avec succès, le texte était transmis à grande vitesse: 50 bauds en moyenne (environ sept caractères, soit un mot de longueur moyenne, par seconde).

De Course Retro noir Air Max 448857 Crimson Hommes lumière Nike Blanc 90 Essential natura Chaussures IWED9HeY2

Mon train repart de la gare et je me mets à réfléchir aux nombreux changements survenus au cours des 25 dernières années dans le domaine de la communication, et ce aussi bien du point de vue technique que de son contenu. Après quelques recherches, je constate qu’il y aurait beaucoup à dire sur le développement technique. Je m’en tiendrai à une remarque trouvée dans le Bulletin des CFF n° 2 daté de 1989, qui mentionne que, depuis le mois de janvier de la même année, tous les câbles des téléscripteurs des CFF convergent désormais vers une nouvelle centrale à Berne. Cette première installation équipée d’ordinateurs remplaçait cinq centrales dispersées à travers toute la Suisse (Zurich, Bâle, Lucerne, Lausanne et Berne). Elle offrait de nouvelles possibilités aux utilisateurs, comme celle d’envoyer un message à plusieurs destinataires. Autre avantage de taille: si l’appareil du destinataire était occupé, la nouvelle centrale lançait automatiquement une nouvelle tentative d’appel toutes les quatre minutes. Cette nouveauté déchargeait le personnel des bureaux de transmission qui ne perdait ainsi plus de temps à tenter de joindre le destinataire. Difficile de se représenter cette situation quand on voit l’avalanche de messages sous laquelle nous croulons aujourd’hui: je pense par exemple à l’application «WhatsApp», qui envoie chaque jour plus de 30 milliards de messages – dont celui que je viens d’envoyer un avec mon téléphone portable. Mon regard se porte de nouveau sur l’écran de mon smartphone et je vois que mon partenaire de «chat» vient de me répondre en l’espace de quelques secondes – une évidence de nos jours.

Je me souviens parfaitement qu’à l’époque, nous utilisions surtout le téléscripteur pour les commandes de wagons et les réservations de groupe dans les trains voyageurs. Il s’agissait alors de «messages qui ne nécessitaient pas de prise de contact personnelle ou dont la nature impliquait une transmission par écrit» ou encore de «messages adressés simultanément à plusieurs destinataires», comme cela est mentionné dans la proposition de 1957 adressée au Conseil d’administration des Chemins de fer fédéraux et demandant le remplacement des télégraphes morse par les cinq centrales susmentionnées. Lors de mes recherches, je suis tombé sur de nombreux modèles de commandes de wagons de l’époque (cf. images). Autrefois, comme aujourd’hui d’ailleurs, c’est avant tout du ciment et non pas, comme le laissent supposer les modèles, du bétail qui était chargé sur des véhicules privés à Wildegg.

Les lecteurs attentifs auront remarqué que mon train est arrivé en gare de Brugg depuis un bon moment déjà. Entre-temps, j’ai trouvé plusieurs dossiers dans les archives de CFF Historic et consulté les archives photographiques. Je pourrais passer des heures sur ce sujet et me laisser emporter par les souvenirs. Je préfère cependant terminer ici mon billet de blog et vous faire la recommandation suivante: faites une recherche de votre choix dans notre fonds d’archives et prenez le temps de philosopher sur le passé et le monde moderne. Jetez un regard en arrière et vous serez certainement supris des nombreux souvenirs qui referont surface!


Auteur: Martin Ruckstuhl, responsable marketing et communication auprès de CFF Historic

Commentaires (0)


Kommentieren





Tags autorisés : <b><i><br>Ajouter un nouveau commentaire :